À Cannes, Thales Alenia Space met au point des "réparateurs" de satellites, pour limiter la production de débris spatiaux - France 3 Régions
Le programme EROSS IOD vise à développer des véhicules spatiaux pour aller assurer la maintenance des satellites en orbite. • © Thales Alenia Space Jacqueline Pozzi Publié le11/12/2025 à 06h05 Temps de lecture : 3 min Provence-Alpes-Côte d'Azur France3 Régions sur Facebook (Nouvelle fenêtre) France3 Régions sur WhatsApp (Nouvelle fenêtre) copier le lien Ajouter comme source préférée Leur prolifération est exponentielle. On estime à 140 millions le nombre d'objets, pour la plupart des débris, qui gravitent autour de la Terre. Dans ses salles blanches à Cannes, le constructeur met au point de nouvelles technologies pour augmenter la durée de vie des satellites en orbite et repousser leur désintégration.
Ils nous sont utiles au quotidien, pour connecter les personnes, observer notre planète et optimiser l'utilisation de nos ressources terrestres. Environ 15 860 satellites sont aujourd'hui en orbite - c'est trois fois plus qu'il y a 20 ans - dont 12 900 sont actifs.
Utiles, mais source massive de débris lorsque ces équipements en fin de vie se désintègrent. 140 millions d’objets dont déjà en orbite. 54 000 d'entre eux dépassent 10 centimètres de diamètre. Ils représentent un véritable danger pour les satellites, au point qu'il n'est pas exclu de devoir, à terme, fermer certaines orbites pour raison de sécurité.
C'est dans ce contexte que le constructeur de satellites Thales Alenia Space travaille, au sein de son site de Cannes (Alpes-Maritimes), dans le cadre du programme européen EROSS IOD. Son objectif est de développer des véhicules spatiaux capables d'aller assurer la maintenance des satellites en orbite, et ainsi prolonger leur durée de vie. Cela s'appelle de l'On Orbit Servicing. Concrètement, ces véhicules nommés "chasseurs", équipés d'un bras robotique, devront effectuer un large éventail de tâches directement en orbite :
Ces véhicules spatiaux pourront aller porter secours à des satellites, ou aider à les déplacer. C'est la première étape. Une deuxième étape pourrait être de les ravitailler en carburant, pour étendre leur durée de vie, donc ne pas les gaspiller s'ils sont encore fonctionnels, Et dernière étape : l'assemblage en orbite.
Voir la video (1 minutes 33 secondes). 1 min 33 s Animation Thalès Alenia Space pour le programme EROSS de développement de véhicules spatiaux capables d'aller entretenir et réparer des satellites en orbite. • ©Thalès Alenia Space D'ici 2028, une première mission européenne de démonstration en orbite devrait permettre de valider les technologies nécessaires à ces futures opérations d’assistance. Car plusieurs étapes doivent être maîtrisées : réussir le "rendez-vous" entre le véhicule spatial et son satellite-cible, capturer ce dernier, s'y arrimer, le ravitailler et lui transmettre des charges utiles. Un défi, et des obstacles techniques à surmonter.
Première difficulté à résoudre, le manque d’interconnexions standardisées qui permettraient à tous les modules de se connecter, que ce soit pour de l'amarrage, du ravitaillement ou de l'assemblage en orbite. Thales Alenia Space travaille donc, en tant que coordinateur, à l'élaboration d'une sorte d'adaptateur universel, à l'image d'une clé USB pour l'informatique. Cette Space USB est aujourd'hui en phase de test dans les salles blanches cannoises.
Space UBS, une sorte d'adaptateur universel pour modules spatiaux, dans les salles blanches de Thales Alenia Space à Cannes. • © Thales Alenia Space À lire aussi : À Cannes, on fabrique des satellites pour surveiller l'état de santé des océans depuis le ciel Vers une gestion écoresponsable du cielLa mission EROSS est un des axes de travail pour la réduction des débris spatiaux, mais ce n'est pas le seul. Parvenir à une utilisation écoresponsable de l'espace est un enjeu à la fois sécuritaire et économique.
- collaboration pour la mise en place d'un cadre réglementaire en vue de la réduction des débris spatiaux, au niveau national avec la « Loi des Opérations Spatiales », entrée en vigueur en 2020, et international avec la signature de plusieurs textes d'engagement, comme la Déclaration relative aux débris spatiaux, pour inciter la communauté internationale à réduire et empêcher au maximum la création de nouveaux débris.
- développement de plateformes de satellites durables. MILA, par exemple, est destinée à évoluer en orbite basse, dans une approche "zéro débris". Elle intégrera de nouvelles technologies afin d'assurer la rentrée atmosphérique et la désintégration des débris dans l’atmosphère.
- mise au point d'outils pour assurer le suivi des orbites de satellites et la surveillance des trajectoires des débris. C’est le cas par exemple du télescope GOOD sur le plateau de Calern à Caussols (Alpes-Maritimes).
L'enjeu de la réduction des débris dans notre ciel est devenu majeur pour toute l'industrie spatiale. Car si leur prolifération se poursuivait au point d'entraîner l'abandon de certaines orbites, cela compromettrait le lancement de certaines missions d’observation de la Terre, vitales pour la connaissance de notre environnement.
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